Un tabac modifié produit cinq psychédéliques d’un coup
En insérant neuf gènes dans Nicotiana benthamiana, cousin du tabac, l’équipe du Weizmann Institute a obtenu une plante qui fabrique d’un coup psilocybine, psilocine, DMT, 5‑MeO‑DMT et bufoténine, selon Science Advances. AlphaFold3 a optimisé les enzymes, avec un rendement multiplié par quarante sur l’un des composés. L’enjeu n’est pas que technique : cette voie épargnerait le crapaud du désert de Sonora, dont le venin est surexploité.
L’intérêt de la manœuvre tient au végétal retenu : une espèce qui pousse très vite, se cultive facilement sous serre et sert déjà d’usine à protéines dans l’industrie pharmaceutique. On ne parle donc pas d’une prouesse isolée mais d’un procédé transposable à très grande échelle.
L’argument écologique n’est pas un supplément d’âme. Le batracien concerné se fait ponctionner par des filières entières, alors qu’il ne s’éloigne guère de son point de naissance et se reproduit fort lentement. Fabriquer ailleurs ce qu’on lui arrache aujourd’hui reste la seule sortie honorable.