Personne ne regarde le cœur
Washington met cinquante millions sur l’ibogaïne, une molécule qui étire le cycle électrique du cœur. Reste à savoir qui dépiste, et avant quelle dose.
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Une revue francophone sur les psychédéliques,
mais surtout un endroit pour penser autrement le soin, la conscience,
et ce que ça veut dire, aujourd’hui, de chercher qui l’on est.
La semaine condensée et son édito.
Washington met cinquante millions sur l’ibogaïne, une molécule qui étire le cycle électrique du cœur. Reste à savoir qui dépiste, et avant quelle dose.
Johnson & Johnson met 85 millions sur un psychédélique sans voyage. La même semaine, Nature montre que le voyage n’est pas du bruit : il a une structure.
Un tiers à la moitié ne répondent pas, la peur de devenir fou n’a pas de case, la mescaline attend depuis soixante-dix ans. Ce que la belle histoire laisse dehors.
Un tribunal kényan refuse aux rastafaris leur sacrement, le désert de Sonora se vide de ses crapauds, et l’Occident se fabrique ses propres reliques.
Le psychédélique ne fabrique rien, il amplifie. Des cadres qui achètent une remise à zéro, Tim Robbins qui solde vingt ans de colère, un cerveau qui baisse ses filtres : cette semaine, tout revient à ce qu’on apporte dans la pièce.
Sur plus de cent retraites auditées, une seule décroche un A. Un laboratoire fait breveter les protocoles jusqu’en 2043. Un mois après une dose unique, l’activité cérébrale n’est pas revenue à son point de départ. Cette semaine, tout ramène à ce qu’on met autour de la molécule.
Eli Lilly s’offre le 5-MeO-DMT, Wall Street sort le chéquier, Harvard empoche 11 M$ d’argent public et la FDA fige les règles du jeu. Au Gabon, pendant que la fièvre monte, la ruée sur l’iboga ressemble surtout à un pillage. On regarde qui rafle la mise, et qui trinque.