Écartée de la police pour l’ayahuasca, sa plainte est recevable
Juliana Reis, membre de l’União do Vegetal, avait vu son embauche à la police des frontières américaine annulée après avoir mentionné, au détecteur de mensonges, qu’elle boit l’ayahuasca en cérémonie. Un juge fédéral de Floride vient de rejeter l’argument de sécurité nationale invoqué par le Department of Homeland Security et laisse la plainte pour discrimination religieuse prospérer. La Cour suprême avait reconnu à l’UDV le droit d’importer et de boire ce thé en 2006 : la politique d’embauche, elle, disqualifie toute substance classée depuis moins de trois ans. Repéré par Law360.
L’affaire met à nu une contradiction américaine : le même État qui laisse l’União do Vegetal importer son thé depuis vingt ans considère qu’en boire rend inapte à surveiller la frontière. Le juge n’a pas tranché le fond, mais il a refusé le réflexe habituel, classer l’affaire au nom de la sécurité nationale sans examiner la discrimination alléguée.
Pour les Églises ayahuasqueras, le procès qui s’ouvre pèsera lourd : il dira si un droit religieux reconnu par la Cour suprême s’arrête à la porte des employeurs fédéraux.