Washington met 50 millions sur la table pour tester l’ibogaïne
L’agence fédérale ARPA‑H ouvre ASCENT‑IBO, un appel à projets pour des essais cliniques accélérés d’ibogaïne chez des patients à haut risque dépendants aux opioïdes. Cinquante millions de dollars fédéraux, appelés à s’adosser aux cinquante millions déjà votés par le Texas ; dossiers de six pages à déposer avant le 15 octobre. Les équipes industrielles disposant déjà d’un dossier IND sont explicitement favorisées : la molécule des guérisseurs bwiti entre dans le circuit pharmaceutique par la porte du financement de défense.
ARPA‑H, c’est la DARPA de la santé : une agence conçue pour financer ce que les circuits classiques jugent trop risqué. L’ibogaïne coche la case, un psychédélique de vingt‑quatre heures, dangereux pour le cœur s’il est mal encadré, mais dont les résultats sur le sevrage aux opioïdes intriguent depuis des années, des cliniques mexicaines aux vétérans suivis par Stanford.
Le paradoxe est savoureux : la molécule reste classée Schedule I, interdite au niveau fédéral. Washington finance donc des essais accélérés sur une substance que Washington prohibe. Entre le Texas, l’ARPA‑H et la crise des overdoses, l’ibogaïne devient la plus officielle des drogues illégales.