Pour les guérisseurs du yagé, pas de médecine sans territoire
Sept représentants de l’Union des médecins autochtones yageceros d’Amazonie colombienne et deux avocats partent pour le Forum mondial de l’ayahuasca à Gérone avec un message simple, publié par DoubleBlind : la boisson ne se comprend pas hors des forêts, des rivières et des peuples qui la préparent.
L’UMIYAC réunit des chefs spirituels de cinq nations indigènes, entre Colombie et Équateur. Son porte‑parole, Miguel Evanjuanoy, du peuple Inga, décrit un système vivant où fleuves, animaux, arbres et air font partie de la santé humaine. Défendre la liane revient donc à défendre la terre contre l’extraction minière, pétrolière ou forestière.
Le texte vise aussi le marché occidental, qui transforme un savoir collectif en produit de retraite ou en molécule brevetable. Les signataires refusent cette séparation. Leur demande est politique avant d’être culturelle : que ceux qui tirent profit de ces pratiques contribuent à protéger les lieux dont elles dépendent, au lieu de seulement consommer.