Un essai inclut enfin les patients à risque
Les essais cliniques psychédéliques excluent presque toujours les patients à risque suicidaire, c’est leur angle mort historique. Scott Aaronson (Sheppard Pratt Health System) prend l’inverse : son open‑label, publié dans Psychiatrist.com et décortiqué par Psychedelic Alpha, teste la psilocybine sur des patients à idéation suicidaire chronique. Sécurité acceptable, signal d’efficacité sérieux, débat franc sur le poids des attentes du patient. Première étape pour ouvrir la psilocybine aux populations qu’on excluait par principe.
Le point sur lequel il ne se dérobe pas concerne l’espérance du malade : quand une personne guette depuis des années un remède qu’on lui présente comme sa dernière chance, une partie du bénéfice vient de cette croyance. Le nier serait malhonnête, l’exploiter tout autant.
Le phénomène n’a rien de propre à ce domaine, tous les antidépresseurs vivent avec cette part. La différence tient à l’ampleur du récit qui entoure ces produits, et au prix de la déception s’ils ne tiennent pas. Chez quelqu’un qui pense à mourir, une promesse trahie n’est pas neutre.