Santé des femmes et psychédéliques : DoubleBlind alerte
Lettre ouverte de Stephanie Karzon Abrams dans DoubleBlind Mag aux cliniciens et chercheurs : la médecine psychédélique ignore encore largement les variables hormonales (cycle, estrogène ↔ sérotonine, ménopause), alors que les femmes utilisent ces substances à chaque étape de vie. Un rappel utile au moment où la psilocybine et la MDMA basculent dans la clinique : sans recherche genrée, les protocoles risquent de reproduire les angles morts de la psychiatrie classique.
L’origine du trou est administrative : jusqu’en 1993, l’agence américaine écartait de fait la moitié de la population en âge d’avoir des enfants des premiers essais, par précaution née du scandale de la thalidomide. Résultat, des décennies de médicaments calibrés sur des organismes masculins, sans que ça choque grand monde.
On connaît la suite : les effets indésirables les frappent davantage, simplement parce que la dose de référence n’a jamais été établie sur elles. Recommencer aujourd’hui, alors que le domaine repart de zéro, serait difficile à excuser. La fenêtre pour bien faire ne restera pas éternellement là.