Vu du Gabon, la ruée sur l’iboga ressemble surtout à un pillage
Pendant que Harvard encaisse ses millions, le juriste environnemental gabonais Georges Gassita raconte à Psychedelics Today ce que la ruée fait chez lui : prix qui flambent, nouvelle loi, plante de moins en moins accessible à ceux dont elle vient. Sa ligne de partage est nette, entre partager une médecine et se la faire prendre. Le contrechamp indispensable de toute l’actu ibogaïne.
Les prix disent l’essentiel : le plant est passé d’environ quatre à dix‑sept dollars l’unité en quelques saisons. En mai, un décret a fait basculer l’arbuste du statut de simple produit forestier à celui de patrimoine stratégique national, avec autorisation obligatoire du ministère de la Culture.
Ses demandes sont modestes et parlantes : des registres tenus par les villages eux‑mêmes, des ouvrages écrits dans les langues du pays, et une négociation d’État à État plutôt qu’un prélèvement poli. La réciprocité culturelle, dit‑il, devrait servir de socle. Elle reste pour l’instant un vœu.