Peut‑on boire l’ayahuasca à la place de quelqu’un pour le soigner ?
DoubleBlind explore une croyance bien vivante dans certaines traditions amazoniennes : un tiers peut boire l’ayahuasca et prendre sur lui la guérison d’un proche qui, lui, n’a rien ingéré. Soin par procuration ou pensée magique ? Le magazine tient les deux bouts, respect des cosmologies autochtones d’un côté, honnêteté sur ce que la science peut (ou pas) en dire de l’autre.
Le protocole a ses exigences : celui qui boit à la place suit une diète stricte de quatre à six semaines, et trois personnes se trouvent engagées dans l’affaire. Chez les Shipibo, on parle de bultos, ces fardeaux hérités sur plusieurs générations qu’il s’agit de dénouer.
Un psychiatre s’y est prêté et raconte avoir ressenti le chagrin de sa grand‑mère. Une étude de 2021 relève même des marques épigénétiques sur un gène lié au stress chez des participants. Rien qui prouve le transfert, juste un rappel : on hérite de bien plus qu’on ne le croit.