Champignons et alcool : moins de symptômes dépressifs, vraiment ?
PsyPost relaie une enquête de l’Oregon State University sur 2 841 Américains : ceux qui ont pris de la psilocybine dans l’année en plus de l’alcool déclarent un peu moins de symptômes dépressifs. « Un peu », c’est 0,57 point sur une échelle qui en compte 27. Les auteurs préviennent eux‑mêmes qu’une photo transversale ne prouve aucune causalité, et, détail savoureux, ce sont les usagers occasionnels, pas les réguliers, qui s’en tirent le mieux.
L’angle mort est dans la comparaison : le groupe de référence n’est pas fait d’abstinents, mais de gens qui prennent d’autres produits, LSD ou kétamine. Sans contrôles statistiques, l’écart grimpe jusqu’à 1,08 ; une fois ajusté, il retombe de moitié. L’anxiété, elle, ne bouge pas d’un pouce.
Reste que l’inversion vaut le détour : d’ordinaire, plus on consomme, plus on prétend en tirer un bénéfice. Ici c’est le contraire. On peut y lire le meilleur argument en faveur d’un usage espacé, ou le rappel qu’un questionnaire déclaratif mesure avant tout ce que les gens croient ressentir.