Au Kenya, la justice refuse aux rastafaris le droit de fumer la ganja
Dans une pièce sombre de Kibera, à Nairobi, des fidèles rastafaris chantent trois jours après avoir perdu. Le 15 juillet, la justice kényane a rejeté leur requête : criminaliser la ganja, plaidaient‑ils depuis 2021, revient à leur interdire leur sacrement. The Guardian a suivi cette bataille où l’argument n’est pas médical mais religieux, le même terrain, au fond, que celui du peyotl ou de l’ayahuasca.
Le pays leur avait pourtant déjà donné raison une fois : en 2019, un tribunal reconnaissait le rastafarisme comme religion protégée, après l’exclusion d’une élève à cause de ses dreadlocks. Cette fois, la cour s’en tient à la procédure, la Rastafari Society of Kenya, qui a déposé sa requête en 2021, n’a pas démontré que la loi violait la Constitution. Le fond n’est pas tranché, et la société ira en appel.
Ailleurs, la brèche s’ouvre : depuis 2023, Antigua-et-Barbuda autorise ses rastafaris à cultiver et à fumer. « Nous vivons comme des terroristes dans notre propre pays », résume Ras Ndeto, porte‑parole de la société kényane. La question posée dépasse largement la plante : à partir de quand un usage rituel devient‑il un droit ?