La psilocybine a les preuves, il lui manque le mode d’emploi
The Clinical Trial Vanguard fait les comptes : dossier en cours de dépôt chez Compass, examen prioritaire de la FDA, effets indésirables graves à peine distinguables du placebo (5,7 % contre 6,3 %). La psilocybine pourrait donc être un antidépresseur approuvé d’ici un an. Sauf que personne n’a encore écrit les recommandations qui diront aux psychiatres quoi en faire, pour qui, et dans quelle pièce.
Le dossier part chez le régulateur avec des chiffres de sécurité que peu d’antidépresseurs peuvent afficher : les effets indésirables graves se comptent à peine plus que sous placebo. Mais aucune société savante n’a encore publié de recommandation. Rien ne dit quel patient est éligible, quel accompagnement est requis, ni qui reste dans la pièce pendant les heures d’effet.
Une molécule autorisée sans mode d’emploi, c’est un feu vert qui arrive avant le manuel. Les premiers psychiatres à prescrire improviseront, et c’est cette improvisation-là, bien plus que les essais cliniques, qui fixera la réputation du traitement.