Le polar psychédélique va là où le reportage s’arrête
DoubleBlind Mag s’entretient avec Lindsay Kent, dont le roman noir psychédélique défend une idée têtue : la fiction atteint parfois des vérités que le reportage laisse sur le seuil. Le milieu psyché produit beaucoup d’essais, de protocoles et de communiqués, très peu de littérature. C’est peut‑être là que se dira ce que les articles n’arrivent pas à formuler.
Lindsay Kent a écrit un roman noir où les psychédéliques ne sont ni un remède ni un décor, mais le milieu dans lequel se joue l’intrigue. Elle défend devant DoubleBlind une idée simple : certaines choses ne se prouvent pas, elles se racontent. L’expérience intérieure, la perte de repères, ce qui reste après, le reportage les cite, la fiction les fait vivre.
Le milieu psyché produit des essais, des protocoles et des communiqués à la chaîne. Presque pas de romans. C’est pourtant cette forme‑là qui, pour d’autres drogues, a fixé l’imaginaire pour trente ans.