Sous psilocybine, on ne parle pas : 78 % de la séance en silence
On imagine des séances de psychothérapie sous champignons. C’est faux : dans les essais contre le stress post-traumatique, 78 % du temps se passe sans un mot, rapporte PsyPost. L’accompagnant est là pour être là, pas pour interpréter. Une différence de fond avec les protocoles MDMA, autrement plus bavards.
Vingt‑deux patients atteints d’un stress post-traumatique modéré à sévère, une dose unique de 25 mg de psilocybine de synthèse, six à huit heures enregistrées puis transcrites intégralement : les chercheurs ont compté les mots par minute, des participants comme des accompagnants. Le silence occupe 78 % de la séance, contre 25 à 30 % lors des entretiens de préparation et de reprise.
Ce que font les accompagnants pendant ce temps tient en peu de gestes : tenir une main quelques instants, rappeler à voix basse où l’on se trouve. Rien qui ressemble à une interprétation. Les essais MDMA, eux, reposent sur une psychothérapie verbale active pendant la prise. Deux molécules, deux métiers, et une question qui reste ouverte sur ce qu’on appelle au juste une thérapie ici.