L’ibogaïne devient rentable, le Gabon exige son mot à dire sur l’iboga
Ismail Lourido Ali, codirecteur de MAPS, décortique pour Psychedelics Today un décret gabonais qui soumet toute recherche sur l’iboga à une autorisation ministérielle. Pendant ce temps le Texas met 50 millions de dollars sur les essais et le Colorado ouvre cinq sites de recherche. La question qu’il pose est simple : qui touche l’argent d’une plante qui ne pousse pas chez eux ?
Le décret signé en mai classe l’iboga en patrimoine stratégique national : recherche, transformation, exportation, tout passe désormais par le ministère de la Culture et une commission interministérielle, avec un mécanisme de partage des bénéfices et un fonds souverain à la clé. Le Gabon ne ferme pas la porte, il installe un péage, et se donne le droit de dire qui entre.
En face, l’argent circule déjà : 50 millions de dollars votés par le Texas pour les essais, cinq sites de recherche ouverts au Colorado depuis ce mois‑ci, un décret fédéral d’avril qui fléche 50 millions de plus. Seul le Colorado exige des plans de partage avec les communautés d’Afrique centrale. Ali prévient : une filière bâtie sans ceux qui ont gardé la plante restera fragile, réglementairement autant que moralement.