Une revue francophone sur les psychédéliques,
mais surtout un endroit pour penser autrement le soin, la conscience,
et ce que ça veut dire, aujourd’hui, de chercher qui l’on est.

Micro-dose №235 · Après-midi
mercredi 12 août 2026
Micro-dose №235 Après-midi ·

Australie, Nouvelle-Zélande : deux voisins, deux psilocybines

Drug Science compare deux pays qui partagent une mer et rien d’autre en matière de psilocybine. L’Australie a changé le statut légal de la molécule dès 2023 ; la Nouvelle-Zélande l’a laissée en classe A et ouvert, en 2025, un couloir de prescription si étroit qu’il tient à quelques praticiens. La leçon vaut pour la France : requalifier une substance ne coûte qu’une signature, bâtir les soins qui vont avec prend des années.

Les chiffres disent tout. L’Australie a sorti la psilocybine des substances interdites en juillet 2023 pour la dépression résistante ; trois ans plus tard, treize psychiatres sont habilités à la prescrire, aucun produit n’est inscrit au registre thérapeutique, et une cure coûte entre 20 000 et 35 000 dollars australiens, sans remboursement. La Nouvelle-Zélande, elle, n’a rien reclassé : elle autorise les praticiens un par un. Deux médecins approuvés, une dizaine de patients traités en privé.

Les deux voisins butent sur les mêmes manques : pas de formation nationale, pas de registre des résultats, pas de modèle de remboursement. Et un angle mort à Wellington, que Drug Science pointe sans détour : la loi interdit toujours aux tangata whenua l’usage traditionnel des Psilocybe qui poussent chez eux, pendant que l’État se réclame d’une santé maorie où le spirituel compte autant que le corps.