L’Oregon a suivi 346 personnes après leur séance de psilocybine
La plus grande étude jamais menée hors essai clinique paraît dans JAMA Network Open : 346 personnes passées par les centres agréés de l’Oregon, suivies pendant trois mois. Un mois après, 91,5 % estiment en avoir tiré un bénéfice. Le chercheur qui a dirigé le travail n’y croyait pas au départ.
Les chiffres sont ceux d’un programme réel, pas d’un laboratoire : vingt‑quatre centres agréés, une séance unique, un suivi à une semaine, un mois, trois mois. À trois mois, dépression, anxiété et stress post-traumatique reculent, et les effets indésirables graves se comptent sur les doigts d’une main. Près des deux tiers des participants rangent la séance parmi les dix expériences les plus marquantes de leur vie.
Todd Korthuis, qui dirigeait l’équipe, dit avoir commencé sceptique : donner de la psilocybine sans ordonnance ni médecin lui paraissait imprudent. Sa formule aujourd’hui tient en six mots, les données l’ont fait changer d’avis. L’Oregon a passé cinq ans à être traité comme l’expérience hasardeuse de la côte Ouest. Il vient de produire son premier argument sérieux.