Au Nevada, cinq mille perfusions de kétamine pour les vétérans
Le Las Vegas Weekly raconte ce que devient une molécule quand elle sort des essais et entre dans une ville : plus de cinq mille perfusions de kétamine pratiquées dans le sud du Nevada depuis 2021, auprès de vétérans, de pompiers et de policiers. Les praticiens cités décrivent des besoins en opiacés divisés par deux en une journée. Le reportage tient sur ce terrain‑là, celui des cliniques ouvertes avant que la loi fédérale n’ait tranché.
Cinq mille perfusions, ce n’est plus un protocole, c’est une habitude. Elle s’est installée dans un angle mort : la kétamine est autorisée comme anesthésique, donc prescriptible hors indication, donc disponible bien avant tout débat public sur ce qu’on en fait. Les cliniques du sud du Nevada ont occupé cet espace pendant que Washington délibérait.
Le chiffre impressionne moins que ce qu’il révèle : ceux qui viennent, pompiers, policiers, anciens militaires, sont exactement la population que les essais fédéraux mettront le plus longtemps à atteindre. La demande n’attend pas l’autorisation ; elle trouve la porte restée ouverte.