L’héritage psychédélique africain, grand oublié de la renaissance
Pour l’éducateur britannique Darren Springer, interrogé par DoubleBlind, l’image des psychédéliques reste celle des hippies blancs, alors que l’Afrique en porte des traditions anciennes. Il parcourt le monde pour les faire connaître, et invite à regarder autrement des pratiques longtemps caricaturées, comme le vaudou.
Son déclic est venu d’un livre, DMT: The Spirit Molecule. Les témoignages de volontaires européens y décrivaient des visions de déesses égyptiennes. Springer s’est alors demandé pourquoi ces expériences semblaient étrangères aux Noirs, et s’est formé auprès de Kilindi Iyi, figure afro-américaine de l’usage des champignons.
Il ne prétend pas tout rattacher au continent, mais réclame qu’on reconnaisse ses savoirs comme on le fait pour l’Amazonie ou le Mexique. Dans ses ateliers, dit‑il, le public finit par chercher ses propres racines, celtes ou ibériques. Le propos rappelle qu’un récit de redécouverte peut effacer ceux qui n’avaient jamais cessé.