Apprivoiser sa propre fin, sous kétamine
Dans Psychedelics Today, le Dr Michael Alpert et son patient Peter Alberding, atteint de SLA, parlent musique, confiance et fin de vie avec une précision qui fait oublier les protocoles. Un épisode qui recentre la conversation kétamine sur l’usage palliatif : là où la molécule semble, pour le moment, la plus solide.
La maladie dont il est question détruit les muscles un à un en laissant l’esprit parfaitement intact : on assiste à sa propre disparition en pleine conscience. Peu de situations concentrent autant d’angoisse, et aucun anxiolytique ordinaire n’a prétendu répondre à ce genre de vertige.
Ce qui rend l’échange précieux, c’est qu’il se tient à deux voix, le soignant et l’intéressé. Le second parle de ce qu’il ressent, le premier de ce qu’il observe, sans que l’un recouvre l’autre. Les publications scientifiques ne restituent presque jamais cette moitié‑là du tableau.