On est là cinq minutes : arrêtons de nous donner en spectacle
Quatre‑vingts ans dans un univers de 13,8 milliards d’années : l’auteur du Psychedelic Blog en tire non pas du vertige mais un soulagement. Nager, lire, parler à quelqu’un, le trip ne sert pas à collectionner l’extraordinaire, il sert à rendre l’ordinaire habitable. C’est une morale, et elle est plus exigeante qu’elle n’en a l’air.
Quatre‑vingts ans dans un univers qui en compte 13,8 milliards : l’auteur du Psychedelic Blog part de ce calcul et n’y trouve pas le vertige attendu. Plutôt un relâchement. Si le temps imparti est ce point minuscule, l’obligation de le remplir d’expériences remarquables tombe d’elle‑même, et avec elle toute une économie du trip comme collection, du voyage qu’on raconte, de l’éveil qu’on performe.
Reste ce qu’il propose à la place, et qui n’a rien d’un lot de consolation : nager, lire, parler à quelqu’un. Le psychédélique n’est pas là pour produire de l’extraordinaire, mais pour rendre l’ordinaire habitable. Dit comme ça, c’est doux. C’est en réalité beaucoup plus exigeant.