D’où vient le sentiment de ne faire qu’un avec le monde
Soixante‑deux adultes sous psilocybine, passés au scanner pendant qu’ils se reposent, méditent, écoutent de la musique et regardent un film. C’est la plus grande étude d’imagerie jamais menée sur les effets aigus de la molécule, et elle paraît dans Nature.
Le résultat n’est pas que le cerveau parte dans tous les sens, c’est l’inverse. Sous psilocybine, il se réorganise en épousant le contexte qu’on lui propose : ce qui vient du dedans et ce qui vient du dehors cessent d’être traités séparément. Scientific American parle d’un ordre caché. Le vieux principe du set and setting, longtemps affaire d’intuition et de bon sens, a désormais une signature mesurable.
Ce qui donne à la phrase qu’on entend à tous les retours de séance, j’ai senti que tout ne faisait qu’un, une adresse anatomique plutôt qu’un statut de métaphore. Et une conséquence très concrète : ce qu’on installe autour d’une prise n’est pas du décor, c’est une partie de la dose.