La médecine psychédélique se coupe en deux, et c’est une bonne nouvelle
Pendant dix ans, le trip était le médicament : masque sur les yeux, deux thérapeutes, huit heures de séance. Microdose observe que le champ se scinde désormais en deux camps, les psychédéliques classiques d’un côté, les neuroplastogènes qui promettent l’effet sans le voyage de l’autre. Le papier se garde de désigner un vainqueur, et c’est ce qui le rend utile : les deux voies visent le même récepteur par des chemins opposés.
D’un côté, Compass Pathways et ses données de phase 3 sur la psilocybine, Definium Therapeutics : l’ancien MindMed, avec trois essais de phase 3 sur le LSD et le R(‑)‑MDMA, GH Research sur le 5‑MeO‑DMT. De l’autre, Delix Therapeutics, dont le candidat vient d’obtenir de l’agence américaine le droit d’être pris à domicile en phase 2. Au milieu, AbbVie rachète Gilgamesh et se paie les deux paris à la fois.
L’arithmétique explique le schisme : pour chaque séance supervisée, le régulateur recommande deux accompagnants formés et un médecin joignable en quinze minutes. Une pilule sans visions, elle, se prescrit au cabinet et se répète. Reste la question que l’article laisse ouverte, et qui décidera de tout : si le voyage n’était pas l’emballage du traitement, mais le traitement.