Les influenceurs vendent la médecine des plantes en 90 secondes
Dennis Walker, élu « influenceur psychédélique de l’année » en 2023, retourne le compliment dans Chacruna : les réseaux ont ouvert l’accès aux savoirs sur les plantes, puis les ont compressés en clips de 90 secondes. Un influenceur avale une once de champignons en direct, un autre diffuse ses fortes doses à des millions d’abonnés, pendant que les créateurs critiques se font déplateformer.
Walker aligne les cas. Bryan Johnson, le milliardaire qui traque son âge biologique, diffuse ses séances de psilocybine et de 5‑MeO‑DMT devant des millions de spectateurs. Mikaela de la Myco, dont la plateforme s’adressait aux mères, s’est fait couper son compte Instagram pour infraction supposée aux règles de la maison. Edward Crowe, cérémoniaste, tient une ligne devenue rare : le champignon comme entité vivante, rattachée à des cultures qui existaient avant le fil d’actualité.
Le tri se fait à l’envers. Des retraites du Sud global s’associent à des influenceurs pour remplir leurs sessions, des églises enthéogènes affichent leur menu en lien de bio, pendant que les comptes qui posent des limites livrent, écrit Walker, une bataille perdue d’avance. Son reproche ne vise pas l’accès élargi, qu’il a lui‑même servi, mais l’idée qu’une audience vaille transmission.