Vous assistez à un abus en cérémonie : que faites‑vous vraiment ?
On sait à peu près repérer les signaux qui doivent faire quitter une cérémonie quand on est concerné. Beaucoup moins quoi faire quand c’est le voisin de tapis qui se fait abuser, qu’on est soi‑même sous substance et que le praticien est celui qui tient la salle. DoubleBlind consacre un extrait du « Psychedelic Seeker’s Guide » de Kristina Hunter à cette position de témoin, la plus inconfortable et la moins outillée.
Hunter sépare les signaux orange, promesses de guérison démesurées, pression à reprendre du produit, cadre professionnel flou, facilitateur épuisé ou distrait, des signaux rouges, qui ne se discutent pas : contact corporel non consenti, gestes sexuels, insistance pour obtenir un accord au toucher. Savoir les nommer est déjà un travail, sous substance encore davantage.
Pour le témoin, les gestes tiennent en quelques lignes : intervenir sans faire monter la tension, noter tout de suite ce qu’on a vu et l’heure, revenir discrètement vers la personne, lui offrir un appui sans exiger qu’elle qualifie ce qui vient de se passer. Ce dernier point est le plus important : la reconnaissance vient souvent des semaines plus tard, et elle a besoin qu’un autre l’ait vue.